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Cheveu crépu : comprendre l'ampleur de l'aliénation et l'impact de la colonisation

  • 25 juin 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 15 heures



Il est nécessaire de se poser une question pour comprendre l'ampleur du phénomène.


Que s'est-il passé pour que les populations issues de la diaspora et les populations natives africaines, se retrouvent en un même niveau de détestation de leurs cheveux naturels ?



L'ampleur de l'aliénation, l'impact de la colonisation

Une femme africain portant une coiffure de vanilles imbibées d'un argile rougeâtre

Il est clair que la traite transatlantique a perturbé les pratiques traditionnelles de soins capillaires et a conduit à la déshumanisation des Africains réduits en esclavage.


Enlevés de leurs foyers et transportés de force à travers la mer, les Africains ont été contraints d'abandonner leurs pratiques, leurs habitudes et leurs accessoires.


Ils ont vécu dans des conditions d'hygiènes abominables, à fond de cales, durant plusieurs jours. On ne peut imaginer leur état physique, psychique et capillaire dans ces conditions. Loin de leur environnement, de leurs familles, ces hommes, femmes et enfants ont dû se reconstruire et trouver de nouveaux repères et de nouvelles façons de prendre soin d'eux et de leurs chevelures.


Néanmoins, comme pour finir de les dépouiller de leur identité africaine et de leur fierté, les propriétaires d'esclaves leurs faisaient souvent raser leurs cheveux, ou les obligeaient à les couvrir sous une toile.


L’exemple des Lois Tignon en Louisiane au XVIIIe siècle, est criant. À la Nouvelle-Orléans, les femmes noires et métisses libres rayonnent par leur élégance. Leurs coiffures crépues, ornées de plumes et de bijoux, captivaient et bousculaient la hiérarchie raciale établie.


Une photo noire et blanc d'une femme et d'une enfant noire un tignon devant le pallier d'une porte en bois

Face à cette influence, le gouverneur espagnol promulgue en 1786 les Lois Tignon. Ce décret interdit formellement aux femmes d’ascendance africaine de montrer leurs cheveux en public, leur imposant le port d'un foulard (le tignon) pour masquer leur chevelure, ainsi qu'un ensemble d'autres interdictions vestimentaires et capillaires. L'objectif était double : effacer notre beauté pour nous rabaisser visuellement, et ancrer la honte en faisant passer notre texture naturelle pour une anomalie à dissimuler. Aux Antilles, il y a eu la même volonté de cacher nos cheveux à la face du monde.


Mais nos ancêtres, ne manquait pas d’ingéniosité et de détermination… je vous l'expliquerai dans le dernier article de cette trilogie.


Comment ce phénomène de rejet de son cheveu naturel, s'est-il déclenché sur le continent Africain ?



L'ampleur de l'aliénation au cœur du continent africain


Sur le continent africain, la dévalorisation du cheveu crépu s'est opérée par une subtile mais violente hiérarchisation sociale. Tout d'abord, avec l'installation des administrations coloniales et des écoles missionnaires, l'apparence "soignée" a été calquée sur les standards européens. Porter ses cheveux au naturel est alors devenu, dans l'esprit collectif influencé, un signe de manque d'instruction ou de "ruralité". Puis avec le déploiement de la télévision à travers les films, la publicité etc...


Cette pression a poussé de nombreuses populations à percevoir leur propre texture comme un obstacle à l'ascension sociale. Le mimétisme est devenu une stratégie de survie et de respectabilité : pour intégrer les sphères du pouvoir, de l'éducation ou du travail de bureau, il fallait masquer la nature de son cheveu. Ce basculement a engendré une rupture avec les rituels de soins ancestraux, remplaçant la transmission des tresses et des parures par l'usage de produits de lissage et de techniques visant à transformer la fibre pour la rendre plus "acceptable". C’est ainsi que l'aliénation a pénétré les foyers, transformant un symbole de fierté en un fardeau esthétique à camoufler.




Ainsi malgré le temps écoulé, l'impact de la colonisation touche encore les populations afro-descendantes et africains de souche. Nous avons le même combat, nous nous devons de lutter contre l'ampleur de l'aliénation.




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