Origines et défis des cheveux texturés
- 12 mars 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 4 heures
Comme nous l'avons vu précédemment, les cheveux texturés englobent 3 types de cheveux, les cheveux bouclés, frisés et crépus.😏
De sorte qu’un cheveu crépu est en soit même un cheveu texturé.
Je vous avoue que moi aussi, de voir les choses sous cette angle m’a surpris dans un premier temps, mais cela me convient parfaitement et me semble même tout à fait logique.
D'où vient cette distinction positive ? La petite histoire du mot "Texturé" 💡
Cette transformation de perception n'est pas un hasard. Le terme "texturé" a été popularisé dans les années 90, notamment par des figures comme André Walker, le célèbre coiffeur d'Oprah Winfrey, avec son système de classification des types de cheveux.
L'idée était de remplacer les anciens qualificatifs souvent péjoratifs ou ethniques par un langage plus technique et valorisant, centré sur la structure même du cheveu.

A noter que dans la version originale de cette classification, les sous-types 3C et 4C n’apparaissent pas. Ils sont apparu plus tard, car il existe un grand nombre de variations capillaires. D'ailleurs une même personne peut avoir plusieurs types de cheveux sur la tête.
Ainsi, l'industrie cosmétique et le mouvement "Nappy" (Natural and Happy) ont ensuite amplifié l'usage de "Textured Hair" pour son inclusivité, son potentiel marketing et sa neutralité. Le but était de passer d'une vision de "problème" à une célébration de la matière, du relief et de la richesse du cheveu.
Pendant longtemps, le vocabulaire capillaire était binaire : lisse ou frisé. Cette classification était trop pauvre pour décrire la réalité de millions de personnes. Le terme "texturé" est donc apparu pour combler ce vide. Désormais ce terme que nous avons adopté, nous ouvre à de nouveaux défis.

Les Nouveaux Défis des Cheveux Texturés : entre "Acceptation et Injonctions"
Après avoir compris la structure et la biologie du cheveu texturé, il est crucial de se pencher sur la réalité vécue par celles et ceux qui le portent. Si le terme "texturé" a apporté une clarté bienvenue, il n'a pas effacé tous les défis. De nos jours, ces défis ne sont plus seulement techniques, ils sont aussi psychologiques et sociétaux.
1. Le Défi de l'Injonction à la "Boucle Parfaite"
C'est sans doute le défi le plus insidieux de notre époque. Le mouvement Nappy (Natural and Happy) a libéré la parole et les textures, mais il a aussi, par ricochet via les réseaux sociaux, créé de nouveaux standards.
Aujourd'hui, le défi n'est plus seulement d'avoir des cheveux naturels, mais d'avoir des boucles définies, sans frisottis, brillantes et volumineuses en permanence. Cette quête de la "boucle parfaite" peut devenir une nouvelle source de pression. Le véritable défi est d'accepter sa texture telle qu'elle est, y compris ses jours de "bad hair day", ses frisottis naturels et son "shrinkage" (le rétrécissement du cheveu au séchage), sans se sentir obligée de se conformer à une image lissée d'Instagram.
2. Le Défi de la Simplification (La Routine Minimaliste)
Pendant une décennie, la tendance était aux routines complexes en 10 étapes (le "layering"). Aujourd'hui, le défi s'est inversé : comment prendre soin de ses cheveux de manière efficace sans y passer des heures ?
Le marché est saturé de produits, et la recherche de la routine minimaliste et efficiente est devenue le nouveau Graal. Les consommateurs cherchent à comprendre la composition des produits, à privilégier la qualité à la quantité, et à trouver des gestes simples qui respectent la nature de leur cheveu sur le long terme. C'est le passage du "toujours plus" au "juste assez".
3. Le Défi de la Représentation Professionnelle et Sociale

Bien que les mentalités évoluent, le cheveu texturé reste, dans certains milieux professionnels ou sociaux, sujet à des préjugés. Le défi est de normaliser toutes les textures dans tous les pans de la société.
Porter ses cheveux crépus, frisés ou bouclés dans une banque, un cabinet d'avocats ou à la télévision ne devrait plus être un acte militant, mais une simple expression de soi. Le défi persistant est de dissocier la notion de "professionnalisme" de celle de "lissage". C'est un combat pour la diversité et l'authenticité qui continue d'être mené au quotidien.
Conclusion : Vers une routine apaisée
Adopter le terme "texturé", c'est choisir la clarté. Ce n'est pas gommer les spécificités de chaque boucle, mais reconnaître que nous appartenons à une même famille avec des solutions partagées.
Mais au-delà des soins, le véritable défi moderne est de s'affranchir des nouvelles injonctions pour embrasser sa texture avec bienveillance. En comprenant notre texture et notre porosité, ne plus lutter contre la nature de nos cheveux : mais enfin apprendre leur langage et leur versatilité afin de se réapproprier, fièrement et sereinement notre image.

"Et toi, quel est votre plus grand défi aujourd'hui ? Est-ce la recherche d'une routine technique efficace ou le besoin de te détacher des standards de perfection des réseaux sociaux ? Partage ton expérience en commentaire, échangeons pour avancer ensemble vers une beauté plus sereine."


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