La force de notre Résilience : héritage inné et partagé de générations en générations
- 29 juin 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 2 heures
Quand j'écris cet article un seul terme me semble refléter la force des peuples noires. Bien que je n'ai jamais compris pourquoi de nos jours ce terme est employé à tout va 🤔. Il faut se rappeler que les mots ont un sens. C'est pourquoi je vais d'abord m'attarder à le définir.
Le terme résilience est fascinant tant par son origine que par sa capacité à décrire la force humaine. À l’origine, c’est un mot emprunté à la physique des matériaux.
Voici les trois dimensions principales pour bien le comprendre :
La capacité de rebond
En métallurgie ou en physique, la résilience est la propriété d'un matériau à résister aux chocs et à reprendre sa forme initiale après avoir été compressé ou déformé.
Imagine une éponge ou un ressort : tu peux appuyer dessus de toutes tes forces, mais dès que tu relâches la pression, l'objet retrouve son aspect d'origine.La résilience écologique et systémique
On l'utilise aussi pour parler de la nature ou des organisations. La résilience d'un écosystème est sa capacité à retrouver un équilibre après une catastrophe naturelle (comme une forêt qui repousse après un ouragan).
Le fait de surmonter le traumatisme
C’est le sens le plus courant aujourd'hui, popularisé notamment par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik. En psychologie, la résilience est la capacité d'un individu à se reconstruire après un choc émotionnel grave (deuil, accident, abandon, guerre).
Ce n'est pas seulement "résister" ou être invulnérable. C'est accepter la blessure, mais réussir à vivre avec et à se projeter à nouveau dans l'avenir.
En résumé : Être résilient, ce n'est pas - "ne pas souffrir", c'est trouver en soi les ressources pour transformer une épreuve en un nouveau départ.
Voilà pourquoi je confirme ma pensée que ce terme caractérise particulièrement bien notre peuple.
Reprenons le cours de l'article.
Quand on repense aux conditions dans lesquelles la colonisation a été opérée, on se rend compte que nos ancêtres ont eu un sens aigu de la survie.

Que ce soit lors de leur maintien à l'état de captif avec l'aide de chaines et d'anneaux en fer, lors des traversées transatlantiques qui duraient plusieurs mois, les tortures et sévices en tout genre, les humiliations, la déshumanisation, le travail forcé, en somme un ensemble de pratiques abominables qui usaient les corps, les âmes et les esprits. Les victimes de la traite négrière ne sont pas que des victimes. Ils sont pour moi, un exemple de résistance aux conditions de vie les plus extrêmes. J'en veux pour preuve notre présence encore aujourd'hui sur cette Terre.
En outre, les Africains réduits en esclavage ont fait preuve d'ingéniosité à plusieurs niveaux, en trouvant de nouvelles façons de vivre, de se soigner et de se coiffer les cheveux en utilisant les matériaux disponibles, tels que l'huile de cuisson, les graisses animales et autres.

Les nattes tressées étaient utilisées pour créer des cartes pour s'échapper ou pour cacher des grains de riz. Ils ont créé de nouveaux langages et de nouvelles communautés sociales et culturelles.
Lorsque les maîtres ont imposé le port d'une vieille toile sur la tête, nos ancêtres ont refusé de subir cette injonction pour les effacer et l'ont détourné. Ce bout de tissu, est devenu un nouvel accessoire de mode élégant, une parure de distinction, un code vestimentaire et une forme de résistance silencieuse.
Et je passe sur ceux qui se sont enfuis et ont fondé de nouvelles zones de libertés dans les forêts et autres lieux tenus secrets...
Bref, la résilience de notre peuple ne date pas d'hier ; elle est cette sève qui coule en nous, un héritage précieux qui a survécu aux tempêtes pour refleurir aujourd'hui avec plus d'éclat que jamais.
En portant nos cheveux au naturel, nous ne suivons pas une mode, nous honorons celles qui, avant nous, ont dû cacher ou transformer leur nature pour survivre. Chaque boucle affirmée est un hommage à leur endurance.
Le mouvement vers le naturel est le signe que nous avons choisi de ne plus subir. C’est une reconquête de notre estime de nous-mêmes. Nous transformons les diktats du passé en une liberté nouvelle : celle d'être pleinement nous-mêmes, sans excuses, sans artifices.

Notre plus bel acte de résilience est celui que nous offrons aux plus jeunes. En leur transmettant les gestes de soin, la patience et l'amour de leur texture, nous brisons la chaîne de l'aliénation. Nous leur donnons les moyens nécessaires pour qu'ils ne doutent jamais de la beauté de leur couronne.
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